Intelligence économique et innovation : quelle importance pour l’entreprise ?

Introduction

Intelligence économique et innovation : quelle importance pour l’entreprise ?L’entreprise est un élément important pour la dynamique économique et le bien-être social. Son rôle consiste, entre autre, à mettre en œuvre une stratégie d’innovation pérenne pour préserver sa compétitivité. Son rôle est devenu de plus en plus difficile surtout avec la croissance de la globalisation des marchés et de la communication.

Ces obstacles présentent des réactions accélérées auprès des entreprises qui souhaitent devenir plus innovantes et plus compétitives.
Le besoin absolu d’innover a généré un état de conscience croissante de l’importance de maîtriser d’une manière parfaite les informations qui concernent l’économie et les services pour surveiller, se défendre et, même attaquer.

La quasi-totalité des entreprises s’impliquent dans un processus de développement de leurs forces motrices, lesquelles s’orientent vers le contrôle de l’information qui peut contribuer à la réussite de l’innovation : En effet, l’intégration d’un système d’intelligence économique dans l’entreprise peut permettre de s’assurer de la présence d’un marché pour l’innovation future. D’autre part, une veille continue de l’environnement de l’entreprise peut révéler un certain besoin pouvant devenir une innovation.

Pour atteindre certains objectifs, l’entreprise a besoin en premier lieu de mener une veille précise sur les technologies, les concurrents et les tendances du marché et ensuite mettre en place un système d’intelligence économique efficace.

En effet, l’intelligence économique est présentée par un ensemble de concepts, méthodes et outils qui regroupent toutes les activités de recherche, d’acquisition, d’analyse, de sauvegarde et de partage d’informations pertinentes pour des entreprises mises en évidence de façon individuelle ou intégrées dans des réseaux, et ce dans le cadre d’une démarche partagée.

1. L’intelligence économique est un outil d’aide à la décision

L’entreprise située au centre du processus d’innovation peut être considérée comme un acteur principal dans le processus d’innovation. Elle constitue, entre autres, un système économique plus vaste dans lequel intervient des autres acteurs : les laboratoires, les entreprises, les consommateurs..etc. qui contribuent dans le processus innovant des entreprises.
L’innovation est une décision qui représente une prise de risque importante, d’où le défi pour l’entreprise innovante de posséder un système d’intelligence économique pour l’aide à la prise de décision.

1.1 L’entreprise innovante

Pour bien assimiler le concept d’innovation, il est intéressant de définir l’entreprise innovante. Pour cela, il faut traiter son comportement, ses indices d’existence, ses relations avec l’environnement externe et la manière avec laquelle elle est organisée : « L’entreprise innovante peut se définir comme celle qui décide de développer ses ressources de production dans l’optique de créer un nouveau produit à un coût concurrentiel innovation et/ou un produit qui existe avec un coût moins cher (innovation de procédé) ».

Généralement, les entreprises innovent lorsqu’elles définissent des gains financiers ou présentent un avantage concurrentiel important de leurs projets. Dans cette situation, elles prévoient les budgets d’investissement ad hoc. Le statut économique conditionne la persistance d’innovation chez les entreprises. En effet, dans un marché qui n’est pas très concurrentiel ou contestable, les entreprises peuvent se situer dans des états de monopole d’investissement souvent plus sûres et elles ont moins de possibilités de s’encourager à innover.

Les entreprises innovantes doivent également posséder les informations concernant leurs environnements qui se caractérisent par une compétition rude, ce qui induit l’obligation de se tenir au courant des activités des concurrents, des spécificités des fournisseurs (benchmarking ou veille concurrentielle), de l’évolution technologique (veille technologique, surtout à propos des brevets).

1.2 L’intelligence économique et la décision d’innovation

L’entreprise innovante doit rester en veille technologique dans le cadre de son domaine d’activité. Le mot technologie touche dans ce contexte l’ensemble des informations quelle qu’en soit l’étendue, la complexité jusqu’à la grandeur économique de ce qu’on appelle technologie. C’est pour cela, l’entreprise innovante est obligée d’appliquer la veille technologique, puis l’intelligence économique. Il est primordial, dans cette situation, de faire preuve d’une vigilance régulière qui permet facilement de prendre les décisions adéquates.

1.2.1 De la veille à l’intelligence économique

La veille technologique peut être considérée comme une solution qui permet de situer les fonctions de l’entreprise dans un contexte très étendu comprenant les libertés et les menaces. Wheelwright définit la veille technologique comme étant « l’ensemble des techniques qui visent à arranger les choses systématiquement, les collecte, les analyse, la transmission de l’exploitation des informations techniques nécessaires à la sauvegarde et au développement des entreprises ».

L’entreprise innovante peut dépasser la veille technologique par l’intégration de l’ensemble de informations nécessaires à la décision. Elle cherche le pouvoir de compréhension de son environnement et à prévoir les éventuels changements. Pour ceci, l’entreprise pratique dans sa politique « d’efficience technologique » le concept d’intelligence économique.

L’objectif ici n’est pas uniquement de voir et de choisir les facteurs critiques de réussite mais aussi de savoir décoder ces derniers pour comprendre l’environnement économique, social et culturel, afin de pouvoir décider et agir. Une autre finalité importante de l’entreprise innovante est de savoir déterminer et analyser les menaces, captées grâce à la veille technologique, pour pouvoir prévoir le changement.

« L’intelligence économique est une modalité de gouvernance dont le contenu est de maîtriser l’information et qui a pour objectif la concurrence et la sécurité de l’économie et des organisations ».

Le rapport Martre définit l’intelligence économique comme « l’ensemble des activités de collecte, de traitement et de transmission de l’information pertinente aux différents intervenants économiques. Ces diverses tâches sont réalisées légalement, dans les meilleures conditions notamment les délais et les coûts ». Essentiellement, l’intelligence économique est un cycle d’informations dont l’objectif est la collection des informations stratégiques et tactiques à « grande valeur ajoutée ».

Une innovation est définie ainsi en partie par sa réussite commerciale qui n’est pas facile à prédire. Cette nouveauté concerne un marché potentiel non concrêtement défini. Ici, l’élaboration des études traditionnelles ne paraît pas être la solution idéale. Et ceci de façon particulière concerne les innovations radicales.

1.2.2 La prise de décision d’innovation

Dans un monde très mobilisé qui se caractérise par des changements qui ne sont pas facilement prévisibles, il vaut mieux devenir de plus en plus compétitif. C’est-à-dire de vendre en permanence et profiter à travers les produits et services élaborés. Il convient aussi d’être capable à l’innovation permanente, au sens large du mot, y compris la diversification.

L’intelligence économique est un ensemble d’outils qui, groupés dans un système de management de la connaissance, permet de créer de l’information nécessaire à la prise de décision. Elle regroupe également toutes les activités de surveillance de l’environnement concurrentiel : veille, protection, manipulation de l’information.

L’intelligence économique peut se considérer comme un outil important d’aide à la décision stratégique, moyen à la disposition des responsables supérieurs de l’entreprise. Elle se génère d’un dispositif systématique d’intelligence économique des outils d’aide à la décision.

Cette problématique de prise de décision dans un univers incertain est reliée avant tout à la stratégie et, ainsi, les décideurs de l’entreprise. Les décisions stratégiques peuvent être offensives, défensives ou organisationnelles.

Les décisions offensives concernent essentiellement la R&D où les nouveaux programmes de recherche à mettre en place, les nouveaux projets de développement à développer, jouent un rôle majeur dans le pouvoir d’innovation continue qui doit représenter un objectif principal. Il s’y ajoute les opérations de diffusion de techniques comme la vente, l’achat, l’échange de licences, ou d’unités de production. La direction commerciale, le marketing sont notamment très engagés dans les décisions offensives.

Les décisions défensives dépendent de la protection du patrimoine, de la sécurité et de la gestion des risques. Le concept de risque touche maintenant tous les secteurs des entreprises, du risque industriel au risque commercial en passant par le risque d’image : par exemple quelques milligrammes de benzène dans une marque d’eau minérale ont des conséquences terribles surtout avec la médiatisation qui est partout.

Le management défensif s’occupe de mettre les risques en évidence, à les qualifier, à essayer d’en réduire la possibilité d’occurrence et de prévoir le taux du dommage potentiel. Les entreprises ayant une démarche d’intelligence économique comprennent bien le risque moins évident mais plutôt concrêt, celui de la désinformation préalablement organisée pour nuire à l’image de l’entreprise et la détruire ou pour détruire le cours de ses actions.

Détecter des menaces techniques : apparition d’un produit de substitution, ça intéresse la R&D.

Détecter des menaces commerciales : risque d’apparition d’un nouveau concurrent qui entre au marché, est du service commercial, du marketing.

Ces deux cas de menaces mènent à certaines décisions stratégiques, et, comme dans le cas des décisions offensives, les informations qui proviennent de l’intelligence économique associées à la compétence des décideurs permettent de sélectionner les meilleures options.

Les décisions organisationnelles constituent la troisième catégorie. Liées aux actions principales de méthodes, d’organisation, de réorganisation elles semblent avoir, dans un environnement incertain et mobilisé, une importance évoluante.

La mise en place d’une politique de Supply Chain Management ou la réactualisation de la gestion de la relation client (CRM, Consumer Relationship Management) représentent des cas qui intéressent les directions commerciales et le marketing.

Le rôle de l’intelligence économique est la préparation de la décision stratégique. Autrement dit, ce sont les capacités d’analyse et de synthèse orientées vers l’action. L’application de l’intelligence économique établit ainsi des capacités nouvelles collectives d’action.
L’action est basée sur la compréhension de l’environnement. Elle consiste en la combinaison de ressources pour créer des compétences importantes pour l’entreprise.

Je peux vous citer l’un des domaines d’application de l’Intelligence Economique, qui est un processus support de la décision stratégique de l’entreprise, et le suivi des indices avertissants pris en charge par l’environnement socio-économique de l’entreprise et surtout de ceux qui peuvent prévoir la réalisation d’une innovation.

Par exemple deux sociétés d’automobiles qui vont dépasser un obstacle et pour cela cherchent à satisfaire, pour l’une, un besoin immédiat et, pour l’autre, répondre à une demande profonde.

La réussite de la Logan résulte majoritairement de la réponse immédiate fournie à des consommateurs ayant un pouvoir d’achat faible, répondant à un besoin insatisfait hors de portée parmi les offres disponibles des fabricants en occident.

La problématique à résoudre est donc d’obtenir un prix de revient beaucoup moins cher que celui généré par les processus classiques de construction, sans une réelle « innovation de rupture » au sens technique (technologique).

2. L’intelligence économique participe au succès de l’innovation

L’intelligence économique repose sur la collecte et l’analyse quasi-automatique des informations (des données). Elle se base sur une intelligence cognitive qui a comme objectif la prise de décision définitive qui se repose sur la prévention des comportements concurrentiels et de leurs stratégies.

La concurrence désormais se base aussi sur les connaissances (des technologies, des process). Pour cela, l’analyse de l’intelligence économique ne s’arrête pas au processus de sécurité et de protection mais aussi à un moyen de management qui a besoin de la recherche, de l’innovation et de l’analyse des connaissances pour protéger et améliorer la concurrence.

L’intelligence économique peut préserver la démarche d’innovation par son pouvoir d’absorption et sa capacité de développement des réseaux interfirmes.

2.1 La capacité d’absorption

L’innovation demande plusieurs actifs concrêts et discrêts qui ne sont pas faciles à créer et à diffuser. Winter constate dans ses études que les actifs concrêts peuvent être repérés dans les actifs du bilan d’entreprise alors que les actifs discrets ne sont pas visibles et ont besoin du savoir-faire, des connaissances et des compétences diverses auprès du personnel et de l’entreprise.

L’acquisition de ces actifs est chère et leur rendement va apparaître à long terme car les connaissances technologiques sont implicites et non codifiées ce qui rend leur transmission très compliquée. D’où on aura besoin d’avoir une capacité d’acquisition des connaissances concernant les différents projets d’innovation pour une meilleure gestion de leur dépendance liée au type des actifs.

2.2 L’intelligence économique favorise le réseau interfirmes

L’intelligence économique prend en considération les relations interfirmes dans la création de nouvelles ressources à partir de la fusion de celles proposées par les partenaires.

Les entreprises qui utilisent cette approche vont se positionner dans l’optimisation de leur système d’information au niveau interne, local, régional, national, et international. La prise en compte de ce critère d’information provoquera l’émergence d’un concept qui existe aussi au niveau de la veille technologique, se développe de façon plus étendue dans la situation de l’intelligence économique. C’est le concept de réseau.

L’innovation pousse à s’intéresser spécialement aux positionnements en réseau et à la mise en place de la démarche qui va lier les compétences des partenaires divers. La véritable puissance de l’entreprise innovante est située dans son pouvoir à rassembler le groupe, intéresser les intervenants et les convaincre de contribuer au projet.

D’une autre manière, pour réussir une innovation, il faut regrouper plusieurs acteurs : créer un réseau d’innovation. Ce dernier donne à l’innovation la possibilité d’être une source d’avantage concurrentiel.

Les « Start-up » mettent en évidence visiblement l’existence de ce réseau dans le développement de leur démarche d’innovation. Ces entreprises doivent obligatoirement passer par la présentation de la manière de gestion de leurs ressources et de construction de leur réseau d’innovation.

Callon considère le réseau comme étant un emplacement où circule, s’échange un ensemble d’éléments. « Ces réseaux représentent des flux d’instruments, de compétences, de littérature, d’argent qui relient des laboratoires, des entreprises ou des administrations ». Cet auteur précise l’aspect dynamique de réseau.

L’innovation devient ainsi le fruit d’une procédure lente qui permet de réaliser une série de collaborations entre les acteurs et les objets qui contribuent à l’établissement du processus d’innovation. Ainsi, pour distinguer le réseau d’innovation des autres types de réseaux, les spécialistes en économie parlent de ce qu’on appelle le réseau technico-économique (RTE). C’est une expression qui permet de distinguer le monde de la science et celui du marché.

La conception de ces réseaux, c’est-à-dire la détermination des acteurs qui les composent et l’organisation de leurs relations ne peut être distingué de la procédure de production des compétences du groupe. Sélectionner celui qui fait partie du réseau, c’est proposer des compétences qui seront établies et des biens ou services qui seront créés.

En conclusion, la gestion de l’innovation c’est encourager la constitution des réseaux, sélectionner des partenaires, les intéresser, convertir leurs objectifs et les regrouper autour du projet d’innovation.

L’intelligence économique permet d’analyser l’environnement et de contrôler les menaces et les opportunités proposées par la future innovation en fonction de l’évolution du marché.

C’est un outil qui prépare le marché par la diffusion des informations collectées sur le projet de l’innovation et aussi sur les modifications que l’innovation va apporter aux clients. Or, ce système d’information entraîne des coûts supplémentaires. La plupart des entreprises innovantes peuvent toujours accéder à ces derniers et si on compare les chutes vis à vis la performance de ces entreprises on pourra dire que ces coûts sont très faibles.

Conclusion

Notre étude dans cet article porte sur l’articulation entre l’entreprise innovante et l’intelligence économique. Cette dernière, par son aspect d’anticipation, permet de comprendre les évolutions et les règles du jeu, ainsi que d’être un moyen qui aide à la prise de décision. L’innovation, dans son aspect technologique et managériale, est la démarche d’adaptation au changement pour rester compétitif et continu dans le temps.

Les outils et activités de l’intelligence économique donnent à l’entreprise un pouvoir d’absorption qui se cache dans sa capacité à déterminer, assimiler et exploiter des connaissances qui proviennent de son entourage. Ce pouvoir d’absorption peut montrer l’existence d’un nouveau besoin et permet ainsi de vérifier l’existence réelle d’un marché pour la prochaine innovation. L’intelligence économique encourage le succès d’une procédure d’innovation par le développement des réseaux interfirmes pour la création de ressources nouvelles.

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